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Déficit des hôpitaux publics en 2025 : ce que change le calcul de l'écart EPN

Le déficit global des hôpitaux publics atteindrait 2,1 % de leurs recettes en 2025, selon les premiers résultats publiés par la DREES le 28 juillet 2026. Dans le même document, le nombre de salariés des établissements de santé progresse de 1,0 % sur un an. Ces deux chiffres, lus ensemble, ne racontent pas une contraction généralisée des effectifs pour équilibrer les comptes : ils décrivent une tension qui se joue dans l’allocation entre services, pas dans une compression uniforme.

Ce que dit la DREES, et à quel degré de certitude

La DREES qualifie explicitement ces chiffres de premiers résultats, des estimations provisoires susceptibles d’être révisées lors de la publication du Panorama complet des établissements de santé. Deux éléments confirmés à ce stade : le déficit global des hôpitaux publics représenterait 2,1 % de leurs recettes en 2025, et le nombre de salariés des établissements de santé progresse de 1,0 % en un an. Le document ne fournit pas de montant en euros, ni de détail par catégorie de personnel ou de lien chiffré entre le déficit et la masse salariale : ce niveau de détail n’apparaîtra que dans une publication ultérieure.

Pourquoi ce contexte déplace l’enjeu vers le service, pas vers le pays

Un déficit agrégé à l’échelle nationale, même réel, ne dit rien de la situation d’un établissement donné : un centre hospitalier peut être excédentaire pendant qu’un autre creuse fortement son déficit, sans que cela transparaisse dans une moyenne de 2,1 %. C’est la même limite que celle d’une statistique nationale d’effectifs face à une maquette d’unité : utile pour situer une tendance, incapable de trancher un cas précis.

Dans ce contexte, la question qui se pose à une direction des soins n’est pas « combien l’hôpital public perd-il en moyenne », mais « où, dans mon établissement, l’effectif budgété s’écarte-t-il du besoin réel ». C’est exactement la question à laquelle répond le calcul de l’Effectif Permanent Nécessaire (EPN) : un besoin calculé à partir de l’Obligation Annuelle de Travail (OAT), de l’activité par période et des heures de remplacement, comparé à l’effectif réellement inscrit au tableau des emplois.

L’écart EPN comme donnée d’arbitrage

Sous contrainte budgétaire, deux services peuvent afficher le même effectif budgété tout en portant des besoins réels très différents : l’un en tension parce que son EPN dépasse largement son budget, l’autre confortable parce que son budget excède son besoin réel. Sans calcul explicite, cet écart reste un ressenti de terrain, difficile à faire valoir dans un dialogue de gestion où chaque euro est disputé. Avec un EPN calculé et daté, l’écart devient un chiffre reproductible, le même pour la direction des soins et pour le contrôle de gestion.

C’est ce déplacement qui compte davantage que le chiffre du déficit lui-même : dans un contexte où le financement contraint les marges de manœuvre, arbitrer entre services sur la base d’un écart calculé service par service vaut mieux qu’arbitrer sur la base du service qui s’est fait le plus entendre.

Ce que ces chiffres ne permettent pas d’affirmer

Ces deux chiffres DREES ne permettent pas de conclure que les effectifs soignants progressent malgré le déficit, ni l’inverse : la progression de 1,0 % couvre l’ensemble des salariés des établissements de santé, tous statuts confondus, pas spécifiquement le personnel soignant. Ils ne permettent pas non plus d’établir un lien de cause à effet entre le niveau du déficit et le niveau des effectifs sur un établissement donné. Ce sont deux moyennes nationales, publiées le même jour, dans un document qui se présente lui-même comme provisoire.

Questions fréquentes

Quel est le déficit des hôpitaux publics en 2025 ? Selon les premiers résultats de la DREES publiés le 28 juillet 2026, le déficit global des hôpitaux publics atteindrait 2,1 % de leurs recettes en 2025. La DREES précise elle-même qu’il s’agit d’une première estimation, susceptible d’être révisée dans le Panorama complet.

Les effectifs hospitaliers ont-ils reculé en 2025 malgré le déficit ? Non : la même publication DREES indique que le nombre de salariés des établissements de santé progresse de 1,0 % sur un an. Déficit et hausse des effectifs coexistent au niveau national, ce qui déplace l’enjeu vers l’allocation entre services plutôt que vers une contraction uniforme.

Qu’est-ce que l’écart EPN et pourquoi devient-il central sous tension budgétaire ? L’écart EPN est la différence entre l’Effectif Permanent Nécessaire, calculé à partir du besoin réel d’une unité, et l’effectif réellement budgété sur cette unité. Sous contrainte budgétaire, cet écart chiffré et daté pèse davantage dans l’arbitrage qu’un ressenti de terrain non objectivé.

Un déficit national de 2,1 % dit-il quelque chose de la situation d’un établissement précis ? Non directement : c’est une moyenne sur l’ensemble des hôpitaux publics. Un établissement peut être excédentaire ou très déficitaire sans que cela se voie dans la moyenne nationale. L’écart EPN, lui, se calcule établissement par établissement, service par service.

Ces chiffres DREES sont-ils définitifs ? Non. La publication du 28 juillet 2026 présente des premiers résultats, explicitement qualifiés d’estimations provisoires susceptibles d’être révisées lors de la publication du Panorama complet des établissements de santé.


Sources : DREES, « Le déficit des hôpitaux publics diminue en 2025 mais reste à un niveau élevé : premiers résultats sur les établissements de santé en 2025 » (28 juillet 2026).

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