Le secteur hospitalier employait 1,41 million de salariés en 2024, en hausse de 0,7 % sur l’année. C’est le chiffre publié par la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) dans son panorama « Les établissements de santé en 2024 », paru le 20 mai 2026. Un chiffre solide, une source de premier plan pour la statistique publique en santé, et pourtant une réponse à une question que ne se pose jamais une direction des soins : combien de personnes travaillent dans les hôpitaux français, pas combien d’ETP faut-il dans mon service.
Ce que dit le panorama DREES 2024
Les chiffres, tels que publiés : le secteur hospitalier compte 1,41 million de salariés en 2024. La progression sur l’année est de 0,6 % dans le secteur public (+6 700 salariés) et de 1,2 % dans le secteur privé (+3 700 salariés). Par catégorie de personnel, la hausse est de 2,7 % pour le personnel médical, 0,3 % pour le personnel non médical soignant, et 0,8 % pour le personnel non médical non soignant.
Ce ralentissement du personnel non médical soignant, après une décennie marquée par un recul des effectifs d’aides-soignants et de faibles hausses côté infirmier entre 2014 et 2020, mérite d’être lu à sa juste échelle : c’est une moyenne nationale sur l’ensemble des établissements de santé, tous statuts et toutes spécialités confondus.
Une photographie en salariés, pas en effectifs requis
Le document ne précise pas si ces chiffres sont exprimés en Équivalents Temps Plein ou en nombre de personnes physiques. Les hausses en valeur absolue qu’il publie (+6 700, +3 700) suggèrent des effectifs réels plutôt que des ETP. C’est une distinction qui compte pour quiconque calcule un besoin d’effectif : deux agents à 80 % comptent pour deux salariés dans une statistique de personnes, pour 1,6 ETP dans un calcul de besoin.
Le calcul de l’Effectif Permanent Nécessaire (EPN) d’une unité de soins ne travaille jamais en nombre de personnes : il part de l’Obligation Annuelle de Travail (OAT), du besoin d’activité par période, et des heures de remplacement à couvrir, pour aboutir à un résultat en ETP. Une photographie nationale en salariés et un calcul local en ETP ne se comparent pas terme à terme, et encore moins ne se substituent l’un à l’autre.
Pourquoi la moyenne nationale ne dimensionne aucune unité
Une hausse de 0,3 % du personnel non médical soignant à l’échelle du pays peut recouvrir des réalités opposées service par service : un pôle en tension qui perd des effectifs, un autre en expansion qui recrute au-delà de la moyenne. La statistique nationale absorbe ces écarts ; une maquette organisationnelle, elle, doit les révéler, pas les moyenner.
C’est également vrai pour la saisonnalité : le panorama DREES donne une photographie annuelle, quand une unité d’urgences ou de pédiatrie a besoin d’un effectif requis différent selon les périodes de l’année. Aucun chiffre national, aussi récent soit-il, ne remplace ce calcul par période.
Ce qui reste utile pour le pilotage
Le panorama DREES n’est pas sans valeur pour une direction des soins : il situe une évolution locale dans une tendance nationale, et permet de vérifier si un mouvement d’effectifs observé sur un établissement suit, s’écarte ou inverse la tendance du secteur. C’est un repère de contexte, pas un intrant de calcul. Il alimente utilement un dialogue de gestion, à condition de ne jamais lui faire dire ce qu’il ne mesure pas : le besoin réel d’une unité donnée, à un instant donné.
Les données provisoires à fin 2025 sont publiées depuis le 28 juillet 2026 ; les données définitives à fin 2025 sont annoncées pour décembre 2026. La photographie nationale s’affine d’année en année. Le besoin d’une unité, lui, se recalcule à chaque évolution de son activité, de son OAT ou de ses heures de formation continue (DPC), pas au rythme d’une publication annuelle.
Questions fréquentes
Combien de salariés travaillent dans le secteur hospitalier en France en 2024 ? 1,41 million, selon le panorama DREES « Les établissements de santé en 2024 », publié le 20 mai 2026 (données de référence 2024). Les effectifs progressent de 0,7 % sur l’année : +0,6 % dans le secteur public (+6 700 salariés), +1,2 % dans le secteur privé (+3 700 salariés).
Le personnel soignant a-t-il progressé en 2024 ? Oui, mais faiblement : +0,3 % pour le personnel non médical soignant, contre +2,7 % pour le personnel médical et +0,8 % pour le personnel non médical non soignant, sur la même période.
Ce chiffre national est-il en ETP ou en nombre de salariés ? Le panorama DREES compte des salariés, pas des Équivalents Temps Plein. C’est une différence d’unité, pas seulement de vocabulaire : deux salariés à mi-temps comptent pour deux personnes dans ce chiffre, pour un seul ETP dans un calcul d’effectif requis.
Une moyenne nationale peut-elle remplacer le calcul d’une maquette de service ? Non. La moyenne nationale répond à « combien de personnes travaillent dans les hôpitaux en France ». Le calcul de l’Effectif Permanent Nécessaire répond à « combien d’ETP faut-il dans ce service, avec cette activité et cette Obligation Annuelle de Travail ». Ce sont deux questions différentes, à deux échelles différentes.
Quand la DREES publiera-t-elle des données plus récentes ? Les effectifs salariés du secteur à fin 2025, en données provisoires, ont été publiés le 28 juillet 2026. Les données définitives à fin 2025 sont annoncées pour décembre 2026.
Sources : DREES, panorama « Les établissements de santé en 2024 », édition 2026 (20 mai 2026).